Presque toutes les comparaisons entre la 4G et la 5G s’appuient sur des supports marketing, et dans ce domaine, ces supports citent des chiffres maximaux obtenus en conditions de laboratoire comme s’ils décrivaient un mardi après-midi dans un train.
Les documents de référence sont publics et précis. L’Union internationale des télécommunications publie les exigences techniques minimales de performance qu’une technologie radio doit respecter pour pouvoir être qualifiée de 4G ou de 5G, et chaque chiffre de la section suivante provient directement de ces rapports — ITU-R M.2410-0 pour l’IMT-2020, qui correspond à la 5G, et ITU-R M.2134 pour l’IMT-Advanced, qui correspond à la 4G.
Nous sommes Geonode et nous vendons des proxys, y compris des proxys mobiles ; il convient donc de préciser ici en toute honnêteté : la génération de la radio utilisée par un appareil est invisible pour le site web auquel il se connecte. Un site voit une adresse IP et le réseau auquel elle appartient. Il ne peut pas savoir si les paquets ont transité par une interface radio 4G ou 5G, car cette information ne dépasse pas les limites du réseau de l’opérateur. Les deux sections ci-dessous expliquent pourquoi cela fait des « proxys 5G » bien plus une étiquette qu’une catégorie de produits, ce qui est étrange à écrire pour une entreprise de proxys, mais n’en reste pas moins vrai.
Ce qui a véritablement changé entre les deux générations concerne moins la vitesse maximale que ne le laisse entendre le marketing. Les exigences en matière de débit de pointe ont été multipliées par vingt, mais ce qui redéfinit les applications possibles, c’est la latence — et ce qui redéfinit la finalité des réseaux, c’est la densité de connexion, dont l’augmentation est d’un ordre de grandeur qui ne tient pas dans une publicité.
Une mise en garde s’applique à tout ce qui suit. Il s’agit des exigences minimales pour qu’une technologie soit certifiée, évaluées dans des conditions de test définies. Ce ne sont pas des prévisions concernant votre téléphone, et l’écart entre les deux est énorme.
Ce qu'exigent réellement les normes
Voici la comparaison des documents sources, présentés côte à côte.
| Critère | 4G (IMT-Advanced) | 5G (IMT-2020) |
|---|
| Débit de données maximal, liaison descendante | 1 Gbit/s (faible mobilité) | 20 Gbit/s |
| Débit de données maximal, liaison montante | — | 10 Gbit/s |
| Débit maximal en haute mobilité | 100 Mbit/s (jusqu’à 250 km/h) | — |
| Débit perçu par l’utilisateur, liaison descendante | — | 100 Mbit/s (zone urbaine dense) |
| Débit perçu par l’utilisateur, liaison montante | — | 50 Mbit/s (zone urbaine dense) |
| Latence du plan utilisateur | < 10 ms | 4 ms (haut débit), 1 ms (ultra-fiable) |
| Latence du plan de contrôle | < 100 ms | 20 ms |
| Densité de connexion | — | 1 000 000 d'appareils/km² |
| Mobilité prise en charge | jusqu’à 250 km/h | jusqu’à 500 km/h |
| Fiabilité | — | 99,999 % pour un paquet de 32 octets en moins de 1 ms |
Comment bien comprendre ces chiffres
Le débit de pointe est un plafond, pas une promesse. La norme M.2410-0 définit le débit de données maximal comme la valeur maximale atteignable « dans des conditions idéales », avec une bande passante maximale agrégée sur toutes les bandes prises en charge et un utilisateur unique disposant de la cellule entière pour lui seul. Elle existe afin de permettre la comparaison des technologies sur une base définie. Personne ne l’a jamais expérimenté sur un téléphone et la spécification ne laisse pas entendre que quiconque le fera.
Le débit de données perçu par l’utilisateur est le chiffre le plus honnête, et il s’agit d’un ajout propre à l’ère de la 5G. Avec 100 Mbit/s en liaison descendante et 50 Mbit/s en liaison montante dans un environnement de test urbain dense, ce chiffre décrit ce que la spécification prévoit qu’un utilisateur type, à la limite d’une bonne couverture, obtiendra réellement. C’est deux cents fois inférieur au débit de pointe annoncé, et c’est le chiffre qu’il convient de retenir.
Les chiffres de latence sont plus restreints qu’ils n’y paraissent. La norme M.2410-0 définit la latence du plan utilisateur comme la contribution du réseau radio à la transmission unidirectionnelle, mesurée avec un seul utilisateur, dans des conditions sans charge, et avec une charge utile de zéro octet plus l’en-tête IP. Il s’agit d’une mesure portant uniquement sur l’interface radio. L’Internet au-delà de la tour — le backhaul, le routage, le temps de réponse du serveur lui-même — n’est pas pris en compte et, en général, éclipse largement ce chiffre.
La densité de connexion est la révolution silencieuse. Un million d’appareils par kilomètre carré, ce ne sont pas seulement des téléphones. Il s’agit de capteurs, de compteurs, de traceurs et d’équipements industriels, et c’est cette exigence qui a fait de la 5G un réseau d’un genre différent plutôt qu’une version plus rapide du précédent.
La fiabilité a désormais une définition formelle. Une probabilité de réussite de 99,999 % pour la transmission d’un paquet de 32 octets en moins d’une milliseconde, à la limite de la couverture, dans un environnement de test macro-urbain. Les exigences de la 4G ne traitaient tout simplement pas de cela, car les applications qui en avaient besoin n’existaient pas encore.
Pourquoi votre téléphone n'atteint jamais ces chiffres
L'écart entre les caractéristiques techniques et l'expérience réelle n'est pas un scandale. C'est la signification même de ces caractéristiques. Voici cinq raisons, classées approximativement par ordre d'impact sur votre facture.
Vous partagez la cellule. Les chiffres de pointe supposent un seul utilisateur. En réalité, la capacité d’une antenne-relais est répartie entre tous ceux qui y sont connectés, ce qui explique pourquoi les débits s’effondrent dans une gare à 17 h 30 et remontent à 3 heures du matin. Ce seul facteur explique la majeure partie des variations que les utilisateurs constatent.
La bande passante est celle dont vous disposez réellement, pas celle qui existe. Le chiffre de pointe suppose une agrégation sur toutes les bandes prises en charge à leur largeur maximale. Votre opérateur dispose d’une allocation spécifique dans votre région, votre téléphone prend en charge un ensemble particulier de bandes, et leur intersection est généralement modeste.
La distance et les obstacles dégradent tout. L’intensité du signal diminue avec la distance et en présence de tout obstacle. Plus la fréquence est élevée, plus ce phénomène s’accentue — ce qui constitue le sujet central de la section suivante.
Le goulot d’étranglement n’est souvent pas la radio. Une interface radio de 1 ms reliée à un serveur qui met 200 ms à traiter votre requête se traduit par une expérience de plus de 200 millisecondes. Améliorer le maillon le plus rapide d’une chaîne ne change pratiquement rien.
Les opérateurs gèrent le trafic. La priorisation, la dépriorisation au-delà d’un seuil de données et les plafonds de qualité vidéo font tous partie intégrante d’un réseau mobile commercial, et aucun de ces éléments n’apparaît dans une spécification technique.
Ce qui a réellement changé
Malgré tout cela, le changement concret est bien réel. La meilleure façon de le décrire n’est pas de dire « la 5G est vingt fois plus rapide », mais :
Plus de capacité au même endroit. Une cellule 5G dessert davantage d’utilisateurs simultanés à des débits utilisables. L’avantage se traduit par une absence de dégradation de la qualité dans les zones très fréquentées, ce qui est moins spectaculaire mais plus précieux qu’un simple chiffre de pointe.
Meilleure liaison montante. Les réseaux 4G ont été conçus en partant du principe que les utilisateurs téléchargent bien plus qu’ils n’envoient. Cette hypothèse a fait son temps, et les capacités de liaison montante de la 5G sont importantes pour quiconque envoie des vidéos, effectue des sauvegardes ou utilise toute application qui transmet des données vers l’extérieur — y compris, d’ailleurs, un proxy mobile.
Une latence plus faible et plus constante. Il ne s’agit pas du chiffre de 1 ms mis en avant dans les titres, mais d’une amélioration réelle et perceptible, et surtout plus stable. Pour toute application interactive, la constance importe davantage que la valeur médiane.
Les trois types de 5G
C’est la partie qui explique pourquoi deux personnes peuvent toutes deux disposer de la « 5G » tout en vivant des expériences complètement différentes, et cela est rarement précisé clairement.
La 5G fonctionne sur une large gamme de fréquences, et les lois de la physique des ondes radio impliquent que la fréquence est directement inversement proportionnelle à la portée. Trois bandes sont couramment utilisées.
Bande basse, inférieure à 1 GHz
Elle parcourt de longues distances, pénètre bien dans les bâtiments et couvre de vastes zones à partir d’un petit nombre d’antennes. Les débits sont modestes — souvent comparables à ceux d’une bonne 4G, parfois plus lents.
C’est ce à quoi correspond en réalité la plupart de la couverture 5G en milieu rural et dans une grande partie des zones suburbaines. Votre téléphone affiche un indicateur 5G et l’expérience reste pratiquement inchangée. Ce n’est pas un défaut ; il s’agit d’un compromis délibéré entre vitesse et couverture, et c’est la raison pour laquelle les cartes de couverture sont passées au vert si rapidement.
Bande moyenne, environ 1–6 GHz
Un compromis judicieux, et la bande sur laquelle la majeure partie du secteur s’est mise d’accord. Nettement plus rapide que la 4G, avec une portée et une pénétration dans les bâtiments qui restent pratiques. Elle est parfois commercialisée sous son propre nom pour la distinguer de l’expérience en bande basse.
Si vous avez remarqué que la 5G était véritablement meilleure, c’est presque certainement à celle-ci que vous étiez connecté.
Ondes millimétriques, environ 24 GHz et au-delà
Une capacité énorme, des vitesses extraordinaires — et une portée mesurée en centaines de mètres, bloquée par les murs, la végétation, la pluie et, dans certaines conditions, une main mal placée.
C’est de là que proviennent les chiffres spectaculaires des démonstrations. Elle est déployée dans des lieux spécifiques et très fréquentés : stades, aéroports, centres-villes, lieux de conférence. La couverture se présente sous la forme d’un ensemble de petits îlots plutôt que d’un réseau homogène, et en dehors de ces îlots, votre appareil bascule vers une autre technologie.
Pourquoi cela importe davantage que l’étiquette de génération
La mention « 5G » sur votre barre d’état ne vous apprend pratiquement rien sur ce dont vous bénéficierez réellement. La 5G en bande basse peut s’avérer plus lente qu’une bonne connexion 4G en bande moyenne. Les ondes millimétriques peuvent être vingt fois plus rapides que l’une ou l’autre, à condition que vous restiez immobile et qu’aucun obstacle ne se trouve entre vous et l’émetteur.
Quiconque compare les expériences 4G et 5G sans savoir de quelle bande il s’agit compare deux choses qui partagent simplement le même nom.
Il existe une quatrième distinction qu’il convient de connaître : « autonome » (standalone) » contre « non autonome » (non-standalone). Les premiers déploiements de la 5G utilisaient une radio 5G reliée à un réseau central 4G, ce qui signifiait que la radio était nouvelle et qu’une grande partie des avantages en termes de latence et de flexibilité n’était pas disponible. La 5G autonome fonctionne entièrement sur un cœur de réseau 5G, et c’est là que résident réellement les capacités en matière de latence et de découpage du réseau. Deux réseaux peuvent tous deux être qualifiés de « 5G » tout en différant considérablement sur ce point.
La latence : le facteur qui compte plus que la vitesse
Si vous ne devez retenir qu’un seul point technique de cet article, retenez celui-ci.
La bande passante détermine la quantité de données que vous pouvez transférer. La latence détermine le temps d’attente avant qu’une action ne se produise. Pour un très grand nombre d’applications, c’est cette dernière qui constitue la contrainte — et c’est elle qui a connu l’amélioration la plus significative.
Les chiffres, à prendre avec précaution
La norme 4G exigeait une latence du plan utilisateur inférieure à 10 ms en conditions de faible trafic. Celle de la 5G est de 4 ms pour le haut débit mobile amélioré et de 1 ms pour les communications ultra-fiables à faible latence.
Ces deux valeurs concernent uniquement la contribution du réseau radio, mesurée avec un seul utilisateur et un paquet minimal. Aucune n’est un chiffre de bout en bout et aucune ne doit être citée comme telle.
Pourquoi cela change la donne
En dessous d’environ 20 ms de temps de transit aller-retour total, l’interaction commence à sembler immédiate plutôt que distante. Au-delà de 100 ms, on a l’impression de manipuler quelque chose à distance. Les applications qui se situent entre ces deux seuils sont celles que le profil de latence de la 5G rend possibles :
Le contrôle à distance d’objets physiques, où un temps de réponse retardé est un gage de sécurité plutôt qu’une source de gêne. L’automatisation industrielle avec des machines coordonnées. La communication entre véhicules. Les applications interactives rendues dans le cloud, où chaque entrée traverse le réseau deux fois.
Aucune de ces applications n’était impossible avec la 4G. Toutes étaient marginales, et ce qui est marginal n’est pas déployable.
La limite réelle
L’interface radio n’est qu’un segment d’un parcours. Une requête émanant de votre téléphone traverse la liaison radio, le réseau de raccordement de l’opérateur, l’Internet public, et arrive à un serveur qui met son temps à répondre — puis tout ce processus se répète en sens inverse.
Réduire le temps de transmission radio de 10 ms à 4 ms permet de passer d’un aller-retour de 90 ms à environ 78 ms. C’est un gain réel et significatif, mais ce n’est pas la transformation mille fois supérieure que « 1 milliseconde » laisse entendre à un lecteur non averti. Le chiffre de 1 ms décrit un mode ultra-fiable spécifique dans un environnement de test particulier, et non l’utilisation générale d’un téléphone.
C’est dans le cadre de déploiements contrôlés que cela change véritablement la donne : une usine dotée d’une infrastructure locale, où le trajet global est court et où la liaison radio est réellement le facteur dominant.
Couverture, autonomie et compromis pratiques
Chaque avantage a un coût correspondant, et ceux-ci sont rarement mentionnés aux côtés des chiffres relatifs à la vitesse.
La couverture est inégale et le restera. La 4G a eu une décennie pour atteindre une couverture quasi universelle sur les marchés développés. La 5G en est encore à se déployer, et les bandes de fréquences plus élevées sont physiquement incapables d’égaler la rentabilité de la couverture 4G : il faudrait pour cela une densité de relais impossible à atteindre. En milieu rural, la 5G sera une 5G à bande basse, c’est-à-dire une 5G de nom seulement, mais qui offre une expérience proche de la 4G.
La consommation de batterie est généralement plus élevée, en particulier sur les bandes hautes et lorsque l’appareil bascule d’une génération à l’autre. Elle s’est améliorée à chaque nouvelle génération de matériel, mais n’a pas disparu. Tout appareil fonctionnant en continu sur batterie est concerné.
Les basculements sont constants et invisibles. Les appareils passent continuellement de la 5G à la 4G lorsque vous vous déplacez. Chaque transition entraîne un bref moment d’instabilité. À la limite de la couverture, un appareil peut osciller, ce qui est plus néfaste tant pour la batterie que pour la stabilité que de rester simplement en 4G — c’est pourquoi le fait de verrouiller manuellement un appareil en 4G offre parfois une meilleure expérience que de le laisser choisir.
Les performances en intérieur dépendent de la bande. Les bandes basses traversent les murs ; les ondes millimétriques, pratiquement pas. Un bâtiment peut bénéficier d’une excellente couverture 5G à l’extérieur et d’une couverture inutilisable à l’intérieur.
La prise en charge par les appareils varie selon la bande, et non selon la génération. Un téléphone présenté comme « 5G » peut ne pas prendre en charge les bandes spécifiques utilisées localement par votre opérateur. Il vaut mieux vérifier l’attribution réelle de votre opérateur plutôt que de se fier à ce qui est indiqué sur l’emballage.
Le résumé que personne ne met sur une affiche
La 5G est plus performante dans les zones densément peuplées bénéficiant d’une couverture en bande moyenne ou en ondes millimétriques, à peu près équivalente dans les zones couvertes en bande basse, et inexistante là où le déploiement n’a pas encore eu lieu. Ce que vous ressentez dépend de l’endroit où vous vous trouvez, et l’étiquette sur votre téléphone ne fait pas la distinction entre ces différentes situations.
Ce que cela implique pour les proxys mobiles
C'est notre domaine d'expertise, alors évaluez-le à sa juste valeur — et cette section contient le message que nous souhaitons le plus faire passer, car elle s'oppose à une pratique courante de vente incitative.
Qu'est-ce qu'un proxy mobile ?
Un proxy mobile achemine les requêtes via un appareil connecté à un opérateur de téléphonie mobile, de sorte que la destination voit une adresse provenant du réseau mobile de cet opérateur plutôt que d'un centre de données ou d'une ligne haut débit domestique.
La raison pour laquelle de nombreux sites font preuve d’indulgence à cet égard n’a rien à voir avec la technologie radio. C’est simplement que les adresses mobiles sont, par nature, largement partagées. Les opérateurs placent un grand nombre d’abonnés derrière un système de traduction d’adresses réseau de niveau opérateur, de sorte qu’une seule adresse publique peut représenter simultanément des centaines, voire des milliers de clients réels. Le bloquer reviendrait à bloquer un très grand nombre de personnes réelles, et les sites soucieux de leurs utilisateurs sont donc réticents à le faire.
L’adresse change également naturellement. Les abonnés passent d’une antenne-relais à l’autre et se reconnectent, et les adresses sont réattribuées en raison du fonctionnement normal du réseau plutôt que d’une fonctionnalité spécialement conçue.
Quels changements avec la 5G ?
La liaison montante s’améliore, et pour un proxy, c’est souvent cette direction qui importe le plus, contrairement à l’utilisation téléphonique classique. Les requêtes partent et les réponses reviennent ; un appareil relayant du trafic pour quelqu’un d’autre envoie davantage de données qu’un téléphone classique.
La latence s’améliore légèrement, ce qui est vraiment appréciable, même s’il s’agit d’un facteur mineur dans un contexte global dominé par le trajet vers le serveur de destination.
La capacité par cellule s’améliore, ce qui est important si de nombreuses sessions proxy partagent un même emplacement.
Ce qui ne change pas
Le réseau de l’opérateur auquel appartient l’adresse. Le comportement de partage d’adresse qui confère toute sa valeur aux adresses mobiles. La manière dont le site de destination classe l’adresse. Le fait que votre profil de requêtes ressemble ou non à celui d’une personne.
Tout cela nous amène à la section suivante.
Pourquoi le « proxy 5G » n’est pour l’essentiel qu’une étiquette
Une gamme de produits que nous préférons expliquer plutôt que vendre.
Le site web ne peut pas le savoir. Lorsqu’une requête parvient à un serveur, celui-ci voit une adresse IP et peut rechercher à quelle organisation ce bloc d’adresses est attribué. Il voit l’opérateur. Il ne voit pas la technologie radio, car celle-ci relève d’un saut à l’intérieur du réseau de l’opérateur et ne se retrouve pas dans le paquet qui arrive.
Il n’y a ni en-tête, ni champ, ni empreinte indiquant que « cet appareil fonctionnait en 5G ». Un appareil 4G et un appareil 5G utilisant le même opérateur puisent leurs adresses dans les mêmes pools et sont, vus de l’extérieur, indiscernables sur les points qui comptent.
Ce qui détermine réellement la manière dont les adresses mobiles sont traitées, c’est le réseau de l’opérateur auquel elles appartiennent, le degré de partage de cette adresse, le fait que cette adresse particulière ait fait l’objet d’abus récemment et — bien plus que tout cela — le fait que votre trafic se comporte comme celui d’une personne.
Alors, qu’est-ce que la « 5G » vous apporte ? Un débit et une latence légèrement meilleurs sur la connexion elle-même. Si vous transférez de gros volumes via un proxy mobile, c’est un réel avantage qui a de la valeur. Cela n’améliore pas vos chances d’accéder à une page, car la décision d’accès à cette page ne dépend en rien de cela.
Dans quels cas le supplément de prix est-il parfois justifié ? Une infrastructure plus récente implique souvent un équipement mieux entretenu et une capacité moins saturée. Mais vous achetez du débit, pas la réussite de la connexion, et ces deux notions sont constamment confondues dans le marketing.
La question qu’il convient de poser à tout fournisseur, y compris à nous, n’est pas de savoir de quelle génération est la technologie radio. C’est : quels opérateurs, combien d’adresses, comment sont-elles partagées, à quelle fréquence tournent-elles, et puis-je les tester par rapport à ma cible avant de m’engager ? Ce sont ces éléments qui déterminent les résultats. Le label de génération n’y change rien.
Nous préférons l’écrire clairement plutôt que de vendre une offre en nous appuyant sur une distinction que le serveur de destination ne peut pas observer.
Quand la 5G n’a pas d’importance pour vous
Voici plusieurs situations courantes où la différence est véritablement négligeable.
Navigation, messagerie et streaming courants. Une bonne connexion 4G gère tout cela sans problème. Le streaming vidéo est limité par le débit binaire propre au service, et non par la bande passante disponible, et la taille des pages web n’a pas été multipliée par vingt. Si votre expérience est satisfaisante, passer à la 5G ne résout rien.
Vous vous trouvez dans une zone de couverture à bande basse. Votre indicateur 5G affiche une bande optimisée pour la couverture dont les performances sont à peu près équivalentes à celles de la 4G. Payer plus pour cela — en argent, en coût de l'appareil ou en autonomie de batterie — ne vous apporte qu'un simple label.
Votre goulot d’étranglement se trouve ailleurs. Des serveurs lents, un réseau de raccordement encombré, un routeur domestique surchargé, une source distante. Une liaison radio plus rapide ne résout pas les problèmes d’une chaîne lente, et identifier la véritable contrainte ne prend que quelques minutes.
Vous utilisez un proxy mobile pour des raisons d’acceptabilité plutôt que de débit. Comme indiqué plus haut : la destination ne peut pas distinguer la génération. Concentrez plutôt vos efforts sur la diversité des opérateurs et le comportement des requêtes.
L’autonomie de la batterie prime sur la vitesse. Pour les appareils fonctionnant en continu, le verrouillage sur la 4G est parfois la meilleure décision technique, en particulier à la limite de la couverture 5G où l’oscillation entre les deux modes coûte plus cher que l’un ou l’autre mode pris isolément.
Vous disposez d’un forfait avec limite de données. Les réseaux plus rapides encouragent une utilisation plus intensive, et les quotas de données n’ont pas été multipliés par vingt. C’est une surprise bien réelle et souvent coûteuse.
La 5G mérite votre attention lorsque vous vous trouvez dans une zone densément peuplée et bien desservie, lorsque vous avez besoin d’un débit montant important, lorsque la stabilité de la latence est cruciale pour votre activité, ou lorsque vous déployez une solution à l’échelle industrielle dans un environnement contrôlé. En dehors de ces cas, la réponse honnête est qu’il s’agit davantage d’une amélioration en arrière-plan que d’un choix déterminant.
Questions fréquentes
Quelle est la différence concrète entre la 4G et la 5G ?
D’après les spécifications : la 4G exigeait un débit descendant maximal de 1 Gbit/s et une latence radio inférieure à 10 ms ; la 5G exige un débit descendant maximal de 20 Gbit/s, un débit montant de 10 Gbit/s, une latence de 4 ms pour une utilisation haut débit et de 1 ms pour une utilisation ultra-fiable, ainsi que la prise en charge d’un million d’appareils par kilomètre carré. En pratique, les changements significatifs sont un meilleur débit montant, une plus grande capacité sous charge et une latence plus stable.
À quel point la 5G est-elle réellement plus rapide que la 4G ?
Les exigences de débit de pointe diffèrent d’un facteur vingt, mais il s’agit dans les deux cas de plafonds mesurés dans des conditions idéales avec un seul utilisateur. L’objectif de « débit ressenti par l’utilisateur » défini par la spécification pour la 5G est de 100 Mbit/s en liaison descendante dans un environnement urbain dense, ce qui est un chiffre bien plus réaliste. Les résultats réels dépendent principalement de la bande à laquelle vous êtes connecté.
Pourquoi ma 5G n’est-elle pas plus rapide que la 4G ?
C’est presque toujours parce que vous utilisez la 5G à bande basse, qui privilégie la couverture au détriment de la vitesse et offre des performances similaires à celles d’une bonne 4G. Cela peut également être dû à la congestion de la cellule, à la distance par rapport à la tour, au fait d’être à l’intérieur, à la gestion du trafic par l’opérateur ou à un goulot d’étranglement situé bien au-delà du réseau radio.
La latence de la 5G est-elle vraiment de 1 milliseconde ?
Pas de bout en bout. Ce chiffre correspond uniquement à la contribution du réseau radio, pour des communications ultra-fiables, mesurée avec un seul utilisateur, dans des conditions sans charge et avec un paquet minimal. Votre temps de transit réel inclut le backhaul, le routage Internet et le traitement par le serveur, qui sont généralement les éléments les plus chronophages.
Quelle est la différence entre la 5G à bande basse, à bande moyenne et à ondes millimétriques ?
La fréquence s’oppose à la portée. La bande basse a une grande portée et offre des performances similaires à celles de la 4G. La bande moyenne constitue un compromis pratique et c’est là que réside l’essentiel des améliorations réelles. Les ondes millimétriques sont extrêmement rapides sur quelques centaines de mètres, mais sont bloquées par les murs. Les trois sont affichées sous l’appellation « 5G ».
Les proxys 5G fonctionnent-ils mieux que les proxys 4G ?
En termes de débit et de latence sur la connexion elle-même, dans une certaine mesure. Pour charger une page, non : un serveur de destination voit une adresse IP et son opérateur, et ne peut pas déterminer quelle génération radio l’appareil a utilisée. Ce qui compte, c’est l’opérateur, la manière dont l’adresse est partagée, et si votre trafic se comporte de manière plausible.
Dois-je désactiver la 5G pour économiser la batterie ?
Parfois. La 5G consomme généralement plus d’énergie, et à la limite de la couverture, un appareil peut basculer d’une génération à l’autre, ce qui épuise davantage la batterie que de rester sur l’une ou l’autre. Pour les appareils fonctionnant en continu, rester en 4G est un choix raisonnable.
La 4G va-t-elle être supprimée ?
Pas dans l’immédiat. Les déploiements de la 5G s’appuient encore sur la 4G comme solution de secours et pour assurer la couverture dans les zones que les bandes plus hautes ne peuvent atteindre de manière rentable, et un nombre considérable d’appareils — en particulier les équipements industriels et ceux de l’Internet des objets (IoT) — ne fonctionnent qu’en 4G. Les opérateurs ont progressivement supprimé la 3G ; la 4G représente un engagement bien plus important et à plus long terme.
En conclusion
Les spécifications sont claires et publiques : la 4G devait atteindre un débit de pointe de 1 Gbit/s et une latence radio de 10 ms ; la 5G doit atteindre 20 Gbit/s en liaison descendante, 10 Gbit/s en liaison montante, 4 ms pour le haut débit et 1 ms pour une utilisation ultra-fiable, ainsi qu’un million d’appareils connectés par kilomètre carré.
Ces spécifications ne constituent pas, délibérément, une description de votre téléphone. Les débits de pointe supposent des conditions idéales et une cellule rien que pour vous. Les chiffres de latence ne mesurent que l’interface radio. L’objectif réaliste défini par la spécification elle-même — 100 Mbit/s en liaison descendante pour un utilisateur type en zone urbaine dense — est deux cents fois inférieur au chiffre qui apparaît dans les publicités, et c’est celui-là qu’il faut retenir.
Ce qui détermine réellement votre expérience, c’est la bande sur laquelle vous vous trouvez. La 5G à bande basse offre des performances similaires à celles d’une bonne 4G et constitue l’essentiel de la couverture à grande échelle. C’est dans la bande moyenne que réside la véritable amélioration. Les ondes millimétriques sont spectaculaires à quelques centaines de mètres d’un émetteur, mais sans intérêt au-delà. Ces trois types de 5G affichent les deux mêmes caractères sur votre écran.
Le changement qui comptera le plus à long terme n’est pas du tout la vitesse. Il s’agit de la densité et de la fiabilité de la connexion — les exigences qui ont permis à un réseau de téléphonie mobile de devenir une infrastructure sur laquelle une usine ou un service public peut s’appuyer.
Et concernant notre propre produit, voici ce que nous tenons particulièrement à vous faire retenir : un site web ne peut pas savoir quelle génération de réseau radio vous avez utilisée. Il voit une adresse et l’opérateur qui en est propriétaire. La différence entre un proxy mobile 4G et un proxy mobile 5G est donc une question de débit, et non de la capacité de votre requête à aboutir. Si un fournisseur facture un supplément en laissant entendre que la 5G rend le trafic plus acceptable, il facture quelque chose que le serveur de destination n’a aucun moyen d’observer — et les questions qu’il convient plutôt de se poser sont : quels sont les opérateurs, comment les adresses sont-elles partagées, et pouvez-vous les tester sur votre propre cible avant de payer ?